Ressources anti-racisme

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A la suite des évènements récents qui ont déclenché une vague de manifestations à la fois aux Etats-Unis mais aussi dans plusieurs pays européens, beaucoup de personnes commencent à s’interroger sur les façons de s’éduquer sur le sujet et sur comment agir de façon efficace pour lutter contre les injustices sociales et notamment celles liées à la race.
/!\ ici je parle de race en tant qu’objet sociologique et en aucun cas en tant que bullshit biologique (biologiquement parlant, il y a une seule race humaine)

On sait déjà bien que les chances d’obtenir un job ou ou d’accéder à un logement ne sont pas les mêmes pour un Francis que pour un Mehdi. On connait les études, les documentaires TV sur l’effet du nom sur un CV, ou on a dans son entourage des gens à qui c’est arrivé une ou plusieurs fois. On sait plus ou moins bien aussi que les violences policières ou les arrestations ne visent pas tout le monde ni de la même façon. Mais c’est un toute autre histoire, c’est regarder les choses à une toute autre échelle que de constater à quel point le racisme est systémique, présent partout à tous les niveaux. Et c’est seulement récemment que l’on commence à (bien vouloir) entendre que les efforts de lutte ne doivent pas être la responsabilité des seules personnes concernées.

Etant moi-même sur ce cheminement, j’ai rassemblé différentes ressources, généralement à destination des personnes blanches, francophones. J’essaierai de maintenir ces liens à jour et de rajouter ceux que je trouve au fur et à mesure. Si vous êtes à l’aise avec l’anglais, je vous invite à aller faire un tour du côté de la version anglaise de ce post (à venir), sachant que la plupart des ressources que j’ai pu trouver sont en langue anglophone.
Par ailleurs, parce que beaucoup d’activistes utilisent les réseaux sociaux, j’ai ajouté des comptes twitter, instagram, et des pages facebook à suivre pour avoir accès au point de vue des personnes concernées.

Il est important de garder en tête qu’en tant que personne blanche, nous faisons partie du système d’oppression et nous en bénéficions. Notre rôle est de relayer la parole des personnes concernées, c’est-à-dire qui en subissent les violences, sans se l’approprier pour autant et en aucun cas de remettre leur parole en question. Nous ne vivons pas les mêmes choses et ne pourrons jamais comprendre ce qu’est la charge raciale ou la crainte quotidienne pour sa vie.
Vous trouverez sur ce post instagram de Sans blanc de rien des conseils pour être un.e bon.ne allié.e de la lutte anti-raciste en tant que personne blanche ici
Par exemple, prendre conscience de ses privilèges (cf le paragraphe ci-après “S’éduquer pour comprendre”); apprendre à se taire, ne pas prendre toute la place et relayer la parole des concerné.es; agir en ayant des conversations souvent peu agréables avec d’autres personnes blanches de son entourage pour comprendre les problématiques et le rôle que l’on joue; agir en donnant de son temps et de son énergie (quand sollicités!), quand on peut en participant financièrement.
Militer ce n’est pas seulement signer des pétitions ou lire/regarder des films/écouter des podcastes sur le sujet, c’est aussi essayer d’agir concrètement.

  • S’éduquer pour comprendre (‘se déconstruire’)

Nicolas Galita a écrit deux posts sur la plateforme medium:
“Le racisme expliqué à mes amis” et “Je suis blanc, je peux parler de racisme ?”

Des membres du collectif Révolution Sorore ont traduit un article du site internet Sister Outrider tenu par Claire Heuchan, féministe noire radicale écossaise, sur la nécessité d’intégrer la problématique du racisme dans les mouvements féministes. “Aux femmes blanches qui veulent être mon amie : guide féministe Noir de solidarité interraciale”

Le média indépendant Echo des Banlieues tient une chaine Youtube pour donner la parole aux personnes des quartiers et rendre visibles les problématiques qui leur sont spécifiques (le combo violences policières x racisme par exemple).

Le média associatif féministe Women who do stuff (que je vous encourage par ailleurs à suivre) a mis une liste hyper complète de plein de ressources disponibles sur ce google doc.
Vous y retrouverez notamment les liens que j’ai cités ci-dessus, mais aussi des podcasts (Kiffe ta race, Le cul entre deux chaises, Na3na3, Sans blanc de rien, et plein d’autres), des vidéos sur youtube, des films, des livres sur le sujet, des mouvements et associations en lutte sur le terrain (par exemple l’asso Lallab qui met les femmes musulmanes à l’honneur en leur donnant un espace d’expression, La vérité pour Adama, lancée par Assa Traoré qui se bat pour obtenir justice sur l’assassinat de son frère Adama par la police en 2016), des cagnottes (comme la caisse de soutien pour les grévistes de l’hôtel Ibis Batignolles), mais aussi des ressources jeunesse, etc.

Arte replay met à disposition le documentaire réalisé par Raoul Peck sur James Baldwin à partir de ses écrits “Je ne suis pas votre nègre” jusque fin juin 2020. Vous pouvez le visionner ici. D’ailleurs Raoul Peck a aussi écrit cet article récemment sur la fatigue ressentie par les personnes concernées et militantes qui doivent, en plus de subir les violences racistes, faire de la pédagogie.

  • Des exemples de comptes à suivre (liste bien entendu non exhaustive)

Rokhaya Diallo : Elle fait plein de choses différentes, puisqu’elle est à la fois journaliste, écrivaine, chroniqueuse, militante antiraciste, et a su faire sa place dans le paysage médiatique français avec beaucoup de courage et de détermination.
Grace Ly : Aussi très active, elle tient le podcast Kiffe ta race avec Rokhaya Diallo et a écrit le livre “Jeune fille modèle” sur les stéréotypes sur les personnes asiatiques et les particularités du racisme anti-asiatique qu’on a tendance à minimiser parce que soit disant ‘positif’.
Marie Dasylva : Elle aide les salariées racisées victimes de racisme sur leur lieu de travail et publie chaque jeudi sur son compte twitter une situation dans laquelle elle est intervenue.
Fania Noel : activiste et écrivaine, afroféministe. Elle tient aussi le podcast ‘What the F*’, plus d’info sur ses activités à ce lien.
Mais non c’est pas raciste : dénonce les violences racistes
Jérémy : activiste décolonialiste libertaire, il a pour projet actuel de réaliser un reportage pour appeler à une décolonisation de l’écologie, en partant du scandale de la chlordécone. Plus d’infos sur ce projet ici, projet que vous pouvez d’ailleurs soutenir financièrement.
Youth for climate (Paris) : sensibilise sur le besoin d’allier justice sociale et justice climatique.
Adeline Rapon : a lancé pendant le confinement une série de portraits sur des femmes martiniquaises. Elle partage pas mal de choses (réflexions, livres) sur le féminisme (et l’afroféminisme).
Les invisibles de l’histoire : redonne leur place aux personnes (souvent volontairement) oubliées de l’histoire et offre une autre perspective aux différents faits historiques.
Liens (nécessaires) avec l’écologie: Rebecca Armstrong: Partageuse de lectures + le livre “Une écologie décoloniale” (éditions du Seuil) de Malcolm Ferdinand, chercheur CNRS spécialiste du lien entre écologie, histoire coloniale et politique.

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